Les cosmétiques une arme à double tranchant

Ingi Amr Samedi 05 Octobre 2019-14:28:42 Chronique et Analyse
Les cosmétiques une arme à double tranchant
Les cosmétiques une arme à double tranchant

La beauté est l'objectif de toutes les femmes. Etre « belle », est une fin en soi. Pour parvenir à cette fin, chacune a ses moyens. Pourtant, la majorité des femmes optent pour les cosmétiques. Ces derniers sont une arme à double tranchant. Les  produits cosmétiques contribuent à rendre la femme plus belle. C’est vrai. Personne ne peut le nier. Mais sont-ils tous sûrs ? 

 

Peut-on se faire belle sans danger ? Les produits de beauté ne doivent pas nuire à la santé, et pourtant, des enquêtes récentes ont dénoncé la présence d'ingrédients irritants, allergisants et perturbateurs endocriniens. (source santémagazine.fr

Sans parfum 

95% des allergènes majeurs présents dans les cosmétiques sont liés au parfum. Or, en matière d’allergie, on peut réagir à une trace. Et tout n’est pas inscrit sur la liste des ingrédients. Par exemple, pour tel parfum, s’il est à l’état de trace, le fabricant n’a pas l’obligation de le faire figurer. C’est un problème. 

Pour les repérer facilement, il existe une liste des 26 allergènes faite par la réglementation européenne.  Parmi eux, certains sont plus à risque que d’autres. Il faut essentiellement repérer le farnésol, le lyral, l’hydroxycitronellal et l’isoeugénol ». 

Conseil : si l’on a un terrain sensible ou allergique, privilégier le “sans parfum”, pour les produits rincés et, surtout, pour ceux non rincés. 

Moins de mousse

Les sulfates sont ces tensioactifs plus ou moins agressifs qui font la mousse de votre gel douche. Les plus irritants : l’ammonium lauryl sulfate, le sodium lauryl sulfate (à ne pas confondre avec le sodium laureth sulfate moins irritant). 

Pourquoi les voit-on toujours dans les gels douche et autres shampooings ? Ils ne coûtent pas cher, ils moussent… La solution souvent mise en place par le formulateur : associer un tensioactif irritant à un tensioactif doux, pour avoir cette mousse en minimisant les risques de réagir. Conseil : la mousse n’est pas un critère d’efficacité. Moins le produit mousse et plus il est doux pour la peau. 

Perturbateurs endocriniens ?

Un perturbateur endocrinienest une substance qui interfère avec le fonctionnement de notre système hormonal. Les conséquences à long terme d’une exposition importante à une substance PE (perturbateur endocrinien) sont potentiellement : puberté précoce, troubles de la reproduction, diabète, cancers hormono-dépendants… Le problème est qu’aucun signe clinique rapide ne vient signaler qu’un ingrédient est un perturbateur endocrinien. Le résultat sera visible dans trente ans . 

Faut-il bannir les perturbateurs endocriniens? Tout est question de doses. Nombreux sont les spécialistes à penser que c’est surtout une question de quantité, et surtout d’exposition répétée au produit ou pas. Il n’y a pas de risque pour la santé à se mettre de la crème solaire – même avec des filtres organiques – quinze jours par an, et il serait plus dangereux pour la santé d’attraper un coup de soleil. 

Conseil : réserver l’utilisation de filtres solaires aux expositions. Ne pas utiliser, au quotidien, une crème de jour contenant des filtres chimiques, perturbateurs endocriniens. 

 Coloration  sans danger ?

Les colorations sont parmi les produits cosmétiques les plus allergisants notamment à cause de la PPD (paraphénylènediamine) que l’on retrouve dans les colorations foncées. On a beaucoup de peine à la remplacer dans les formules, car c’est un colorant efficace pour cacher le blanc des cheveux bruns et des châtains. 

D’autres composés peuvent être irritants, comme l’ammoniaque. Souvent les colorations qui n’en contiennent pas l’indiquent. Le problème est qu’elle sera remplacée par une autre base pas forcément meilleure pour la peau. 

L'on peut opter pour la coloration naturelle avec un ingrédient comme le henné. Il n’y a pas de réaction de type allergique au henné pur mais en termes de résultat couleur, des progrès sont encore à faire. 

Conseil : limiter les colorations, en utilisant par exemple des produits de maquillage “cache-racines” qui permettent de gagner quelques jours entre deux colorations. 

 

Cosmétiques: Les ingrédients à éviter

Des chercheurs américains ont trouvé que, parmi quelque 82 000 ingrédients utilisés dans les produits de soins personnels, un ingrédient sur huit est un produit chimique industriel. Ces produits peuvent contenir des éléments dangereux pour la santé.

Voici une liste de 10 ingrédients à éviter. 

1- BHA et BHT 

Se retrouvent dans les produits hydratants, le maquillage et d'autres produits et sont suspectés d'interférer avec les fonctions hormonales 

2- La p-phénylènediamine

Elle est utilisée dans certaines teintures pour cheveux; d'autres couleurs sont employées dans de nombreux produits cosmétiques. Ils pourraient être cancérigènes et contenir des métaux lourds toxiques pour le cerveau

3- Les ingrédients reliés au DEA 

Le COCAMIDE DEA et LAURAMIDE DEA se trouvent dans les cosmétiques crémeux et moussants tels que les produits hydratants et shampooings. Ils peuvent réagir avec d'autres substances et former des nitrosamines cancérigènes. 

4- Phtalate de dibutyle 

Le phtalate de dibutyle est utilisé comme plastifiant dans les produits pour les ongles. Il est considéré comme toxique et suspecté d'interférer avec la fonction hormonale. 

5- La formaldéhyde

Le DMDM HYDANTOIN, DIAZOLIDINYL UREA, IMIDAZOLIDINYL UREA, METHENAMINE et QUARTERNIUM-15 sont des agents de conservation utilisés dans une large gamme de produits cosmétiques. Ils libèrent de façon lente et continue de petites quantités de formaldéhyde, substance cancérigène

6-PARABEN

Attention aux ingrédients qui se terminent par « PARABEN ». Ils sont largement utilisés comme agents de conservation. Ils sont considérés comme perturbateurs endocriniens. 

7- Les PEG 

Utilisés dans certaines bases de crèmes cosmétiques. Il peut contenir du 1,4-dioxane, potentiellement cancérigène. 

8- Pétrolatum 

Utilisé dans certains produits capillaires pour la brillance et en tant que barrière hydratante dans des baumes pour lèvres, rouges à lèvres et produits hydratants. Produit pétrochimique pouvant contenir des impuretés cancérigènes.

9- Laurylsulfate de sodium

Cet ingrédient se trouve dans les produits moussants comme les shampoings, les nettoyants et les gels douches. Il peut contenir du 1,4-dioxane, potentiellement cancérigène

10- Triclosan 

Se retrouve dans les produits antibactériens tels que le dentifrice, le savon, les désinfectants pour les mains. Il est suspecté d'interférer avec la fonction hormonale et de contribuer à la bactérie qui résiste aux antibiotiques. Nocif pour les poissons et la faune.

Ces informations sont bien sûr très profitables pour les femmes qui s’intéressent à détecter la composition de leurs cosmétiques. Mais que faire si les cosmétiques sont vendus sans détails sur leurs composantes ? Ne pas les acheter serait la décision. 

 

La qualité mise en question

Pas tous les cosmétiques sont de bonne qualité. Il existe sur le marché local des produits de qualité modeste ou même de mauvaise qualité mais, vu leur prix réduits, il y a une demande là-dessus. 

Selon le président de la section des Coiffeurs au sein de la Chambre de Commerce du Caire, le montant des investissements versés dans les cosmétiques fraudés en Egypte se chiffre à 20 milliards de livres. Chiffre effrayant, n’est-ce pas ?!

Selon le responsable, 2% seulement des firmes opérant dans ce domaine disposent d’un permis. La Chine vient, selon lui, en tête des pays qui exportent des produits cosmétiques de façon illégitime (sans être contrôlés par les Douanes). 

D’après le responsable, le produit le plus à risque est la kératine pour lequel optent un grand nombre de femmes pour un look lisse et brillant des cheveux. 

D’après lui, le trajet de la kératine trafiquée commence depuis la Chine et les USA et arrive jusqu’en Egypte. Ce produit sort des douanes étant considéré comme « un nettoyant de surfaces » et parfois comme « cirage pour chaussures » !

Et le jeu commence. Des firmes l’achètent auprès de l’importateur à des prix réduits ne dépassant pas les 50 LE pour la  boîte. Ensuite la firme colle sur la boîte un nom pour le produit qui est vendu aux coiffeurs à 500 LE au moins la boîte. Un coiffeur utilise « une » boîte de kératine dans le lissage des cheveux de « cinq » femmes. Chacune d’entre elles paie au moins 1500 LE pour le lissage. 

Voilà comment la quête de la beauté dégénère en escroquerie. 


Histoire des cosmétiques

L’histoire des cosmétiques c’est avant tout l’histoire d’un regard, le regard que nous portons sur nous-mêmes, le regard que nous portons sur les autres. De la Préhistoire à nos jours, ce regard a changé plusieurs fois. (source:www.regard-sur-les-cosmetiques.fr)

De l’Homme des cavernes, passant par l'Egypte Ancienne, arrivant aux grecs antiques, si l’obsession de la beauté demeure, les moyens mis en œuvre se raffinent. Pour le poète Anacréon (550 av. J.C. – 464 av. J.C.), la beauté est une arme spécifiquement féminine. Il faut faire savoir que le terme cosmétique vient du grec ancien  kosmos qui veut dire "ornement".

En Egypte Ancienne, les Pharaons utilisaient de nombreux produits cosmétiques que ce soit  pour des raisons médicinales, thérapeutiques ou esthétiques. Dans la période antique il s'agissait d'une forme de préparation sacrée faite de fumigations, d'onguents, de baumes, d'huiles et de potions. Chez les Pharaons, les teintes étaient obtenues de différents minéraux  comme les argiles rouges, oxydes de cuivre ou de fer, ocre. Il y avait des teintes végétales comme le pigment laqué rose obtenu à partir des molécules colorantes de plantes. Les Anciens Egyptiens utilisaient le coquelicot pour obtenir les fards rouges pour les lèvres et les joues. La majorité des fards noirs était composée à base de plomb. (source wikipédia) 

Chez les Anciens Grecs et Romains, il s'agissait de la gymnastique pour sculpter le corps, des cosmétiques pour parer aux disgrâces naturelles. Une épilation soigneuse réalisée de mains de maîtres par des professionnels hors pair, un peu de pommade ou de cérat pour raviver la couleur des lèvres, des sels de plomb pour blanchir la peau. Tels sont les maîtres mots. Si les Grecs ont inventé la beauté comme le pense Jean d’Ormesson, les Romains se sont, quant à eux, passionnés pour les cosmétiques. Propreté (du corps, des dents), et blancheur éclatante sont recommandées. Le bain obéit à un rituel bien précis ; les parfums sont consommés sans modération et parfument aussi bien l’atmosphère que l’eau du bain. Corne de cerf, graisse de crocodile entrent dans la composition des préparations destinées à éclaircir le teint. Œufs de mouches et de fourmis sont les ingrédients d’une poudre noire qui permet de maquiller les sourcils trop peu fournis. 

Au Moyen Âge, il s'agissait d'une beauté pleine de verdeur. Un visage frais et justement coloré de blanc et de vermeil. Les lèvres teintées à l’aide d’une pommade colorée au carmin de cochenille. Un teint de lait est obtenu grâce à la céruse. Il convient de se préserver des effets du soleil.

Durant la Renaissance, chacun cherche par un moyen ou par un autre à mettre en place les artifices qui conduiront à l’illusion de la beauté parfaite. Les cosmétiques constituent des artifices de choix. La quête d’un teint pâle est toujours d’actualité. Les recettes abondent.

Au XIXe siècle les cosmétiques se mêlent à la vie de tous les jours. Le parfumeur Rimmel met au point une préparation pour le maquillage des yeux : le mascara est né. Décriées par les uns, prônées par les autres, les préparations pour éclaircir le teint occupent toujours le devant de la scène. Elles sont toujours aussi dangereuses pour la santé. Les femmes se protègent du soleil au maximum et évitent à tout prix le hâle qui caractérise les gens du peuple. Joseph-Albert Ponsin se lance dans la fabrication des fards. Son successeur fera fructifier la société Bourjois avec brio. Pierre-François Pascal Guerlain compose des parfums hardis pour l’époque. 

 La poudre de riz constitue la base de tout l’arsenal féminin. Une préparation à base de cire d’abeille, de beurre et de raisin est utilisée pour le maquillage des lèvres. Le bâton de rouge à lèvres moderne est en germe. Les premiers instituts de beauté voient le jour, Klytia à Paris est l’un des tout premiers.

Le XXe débute très doucement dans le domaine des cosmétiques. 1909 est une date importante dans l’histoire des cosmétiques puisque le chimiste Eugène Schueller fonde la «Société française de teintures inoffensives pour cheveux». 

 Après la Première Guerre mondiale, il faut réparer les Gueules cassées. Suzanne Noël s’y emploie et pose, avec d’autres, les bases de la chirurgie esthétique. Les vernis à ongles des frères Revson traversent l’Atlantique. Ils sont merveilleusement opaques et très couvrants. Le rouge à lèvres vient compléter la panoplie. Les premiers shampooings modernes voient le jour. Les crèmes Simon et Nivea sont de bons basiques qui protègent la peau tout en ayant des compositions très simples.

On commence à prendre goût au bronzage. La peau hâlée qui a fait le désespoir de plus d’une par le passé est désormais le canon à atteindre. Les premières huiles solaires voient le jour 

Après la Seconde Guerre mondiale, la guerre est déclarée aux bourrelets, aux chairs affaissées, aux rides… Les cosmétiques se segmentent. Tout s’accélère, on nous parle d’acide de fruits, de collagène, d’élastine, de liposomes, les termes sont de plus en plus techniques. 

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